Quelles démarches adopter pour les entreprises bretonnes face aux défis de supply chain ?
Par Ibrahima DIALLO
10 décembre 2021 / 15:13

Bretagne Supply Chain a mis en lumière les expériences d’adaptation et de transformation de cinq entreprises locales, c’était lors de la tenue d’un récent colloque.

La supply chain des entreprises bretonnes est-elle à la hauteur ? Une question et un  sujet du dernier rendez-vous organisé par Bretagne Supply Chain qui se voulait volontairement provocateur, mais au cœur des préoccupations.

Serge Rambault, président du cluster breton et à la tête de Le Roy Logistique souligne que « l’objectif de ce colloque est d’apporter des éclairages  sur les défis qui se posent à la filière après la pandémie, et la façon d’y répondre au mieux ».

Les responsables supply chain doivent arbitrer entre des objectifs qui peuvent être antinomiques : les coûts (d’achat, de revient, de transport), les services aux clients (disponibilité, qualité), les stocks (de matières premières et produits finis) et la RSE (impacts CO2, gestion des déchets).

De ce fait :  « lorsqu’il y a un problème, deux fois sur trois c’est de ma faute », a lancé Yann de Féraudy, le directeur général des opérations et des technologies de l’information du groupe Yves Rocher, par ailleurs président de France Supply Chain.

La crise sanitaire est passée par là et a fortement impacté les activités du groupe cosmétique. Yann de Féraudy nous explique « qu’au début de l’année 2020, l’entreprise était en croissance de +20% lorsque l’Italie a confiné ; avec leur partenaire logistique, ils ont  travaillé ensemble pour la mise en  en place d’une relation de sourcing globale afin de rapprocher les sources d’approvisionnement et de sécuriser les flux ». Précisant que « si un endroit est éteint,  il faut être capable d’allumer ailleurs ».

Pour autant, ce n’est pas une raison pour  quitter la Bretagne : « on sous-traite les activités logistiques de nos marques partout sauf en France.

La Bretagne n’est certes pas le barycentre de l’Hexagone, mais on dispose ici d’une productivité deux à trois fois supérieure grâce à un système d’information adapté à notre process et à la fidélité d’équipes compétentes », fait valoir le représentant d’Yves Rocher.

Pour rien au monde ce dernier ne s’installera à Trappes ou à Orléans où la concurrence sur l’emploi fait rage et les risques de vols plus importants.

Le changement maintenant

Une table-ronde réunissant les représentants d’un panel de PME bretonnes a mis en lumière l’agilité et la résilience des entreprises locales en matière de supply chain. « On a décidé de fermer lors du premier confinement.

Avec reprise du tourisme, la saison estivale a redémarré avec une croissance intéressante malgré quelques tensions sur les matières premières et les emballages », a annoncé Adrien Madoré, responsable production & supply chain de la biscuiterie Maison Brieuc.

Le directeur Supply Chain de DistriCenter, Jean-Yves Kerjan, avoue « qu’après trois mois de fermeture,  le lever de rideau a donné lieu à une belle passe d’armes entre les achats, le marketing et le réseau de distribution pour décider quels produits présenter en magasin ».

L’enseigne de mode a aussi profité de la pression de la crise sanitaire pour changer le conditionnement de ses t-shirt et gagner 20% de frais de transport sur cette catégorie de produits.

D’une manière  générale, « la Covid a accéléré la transformation de nos entreprises », a rappelé Emmanuel Hamon, directeur supply chain et achats du groupe alimentaire Sill Entreprises.

En quelques mois, on a apporté des modifications à nos process de production et de préparation de commande pour être en mesure, par exemple, de livrer des yaourts à l’unité. » Dans un tel  contexte, les intervenants s’accordaient sur l’importance de l’analyse des données clients.

« Le rôle du data analyst est devenu essentiel pour l’aide à la décision et donner du sens aux prévisions », a affirmé Caroline Lecointre, responsable supply chain de La Florentine, fabricants de terreaux et paillages pour jardins.

En effet,  pour avoir une supply chain à la hauteur, le plus important reste l’écoute devant  sa clientèle. Parmi les suggestions émises lors de la table ronde notons :  « le business de demain dépend du désir des client. Et nous, on n’aime pas assez nos clients… Il faut rester humble et se servir des nouveaux outils pour mieux cerner leurs attentes ».

 

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