L’Angola s’apprête à négocier son adhésion à l’Accord de partenariat économique Union européenne-Afrique australe
Par Ibrahima DIALLO
24 août 2022 / 08:39

La plupart des exportations angolaises vers l’UE bénéficient jusqu’ici d’un traitement préférentiel, car le pays producteur de pétrole est classé parmi les nations les moins avancées. Mais Luanda devrait perdre ce statut en 2027.

L’Angola et l’Union européenne (UE) devraient entamer prochainement des négociations sur un accord commercial, dans le cadre de l’Accord de partenariat économique (APE) existant entre le groupe des vingt-sept et six pays membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe, a rapporté l’agence Reuters le jeudi 18 août, citant un document et un porte-parole de l’UE.

« Nous sommes maintenant en mesure d’ouvrir des négociations officielles, mais il n’y a pas encore de date convenue avec l’Angola. Nous pensons que cela se fera au cours du dernier trimestre de cette année », a déclaré à Reuters un porte-parole de l’UE.

Le feu vert au lancement des négociations, qui déboucheraient sur l’adhésion de l’Angola à l’Accord de partenariat économique Union européenne-Communauté de développement de l’Afrique australe (CDAA), a été donné fin juillet dernier, selon un document de l’UE

Dans le cadre de cet Accord de partenariat économique, l’UE a entièrement supprimé les droits de douane et les quotas sur toutes les importations en provenance du Botswana, du Lesotho, du Mozambique, de la Namibie et du Swaziland, et a presque entièrement levé les droits sur les exportations sud-africaines, qui restent cependant soumises à des quotas.

En contrepartie, les six pays d’Afrique australe ont supprimé les droits de douane sur près de 86% des exportations de l’UE.

L’Angola n’a pas rejoint l’accord de partenariat économique UE-CDAA signé en 2016, étant donné que la plupart des exportations angolaises vers l’UE bénéficient déjà d’un traitement préférentiel, car le pays producteur de pétrole est classé parmi les nations les moins avancées.

Mais l’Angola devrait perdre ce statut en 2027, grâce à une forte croissance économique alimentée essentiellement par les exportations de brut, ce qui signifie que ses exportations vers le marché européen seront soumises à des droits de douane.

Une éventuelle adhésion de Luanda à l’Accord de partenariat économique UE-CDAA augmenterait les exportations de produits angolais vers l’UE et réduirait la prédominance du pétrole, qui représente actuellement la quasi-totalité des exportations en valeur.

Selon les estimations de l’UE, les produits angolais tels que les crevettes congelées, l’éthanol, le son de blé et les bananes sont susceptibles de bénéficier le plus de la levée attendue des droits de douane.

L’Angola pourrait aussi accroître ses exportations de pétrole vers le bloc des 27, alors que l’UE cherche à se sevrer des hydrocarbures russes.

L’UE pourrait, quant à elle, exporter la majorité de ses produits vers l’Angola avec des droits de douane réduits, ce qui risque de poser de sérieux défis pour les industries nationales bien que l’accord de partenariat économique UE-CDAA autorise théoriquement les pays d’Afrique australe à protéger leurs produits sensibles d’une libéralisation totale et mettre en place des mesures de sauvegarde lorsque les importations en provenance de l’UE augmentent trop rapidement.

Agence Ecofin 

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