Transport : le prix du carbone est devenu un vrai casse-tête
Par Ibrahima DIALLO
3 août 2022 / 10:10

Pour de nombreux secteurs tels que le transport, la décarbonation de l’économie est une révolution. La hausse du prix du carbone via l’augmentation du coût des énergies fossiles semble inévitable. Jusqu’à quel niveau ces hausses seront-elles approuvées par les entreprises ? La cadence de croissance des solutions alternatives « abordables » apportera une partie de la réponse même si les seuls progrès techniques ne seront sans doute pas suffisants.

L’Union européenne s’est fixée pour objectif de diminuer d’au moins 55 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2030 et d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Selon Yves Crozet, économiste spécialisé dans les transports « cette révolution mobilise une grande variété d’outils qui, d’une façon ou d’une autre, conduisent à donner au carbone un prix appelé à croître ».

Globalisant plus de 25 % des émissions de GES en Europe, le secteur des transports est particulièrement concerné « et plus encore en France où il représente 30 % », précise le professeur d’économie à Sciences-Po Lyon, également membre du laboratoire aménage économie transport du CNRS et du conseil scientifique du think tank TDIE. La Commission européenne a détaillé sa feuille de route pour réduire de 55 % les émissions de GES d’ici à 2030 dans sa communication Fit du 14 juillet 2021.

Y apparaît l’extension du système d’échange de quotas d’émission carbone (SEQE) aux transports dont routiers dès 2026. Pour Yves Crozet, « l’une des limites de ses outils réside dans leur acceptabilité puisqu’elles renchérissent le prix du carbone pour les acteurs privés et posent de fortes contraintes sur le déplacement des marchandises (et des personnes). Qui osera dire que la hausse des prix relatifs à l’énergie va de pair avec la transition écologique ? »

Des approches mixtes

TDIE avait organisé au mois de novembre un débat à Paris sur la détermination de la valeur du carbone dans les transports. À cet effet, il a été rappelé que la France, avec 136 Mt de CO2 émises en 2019, ne respecte pas ses engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto.

Lequel lui fixait un objectif de 100 Mt de CO2 émises en 2020. Pis, ses émissions ont connu une hausse de 11,5  % par rapport à 1990 (année de référence du protocole de Kyoto).

Actuellement, la stratégie nationale bas carbone (SNBC) révisée en 2020 table sur une chute de 28 % des émissions de GES dans les transports en 2030 par rapport au niveau de 2015 ; soit une diminution moyenne de 3 % par an des émissions calculées du réservoir à la roue.

La SNBC propose pour y parvenir, comme le paquet Fit for 55, plusieurs outils réglementaires et tarifaires : objectifs contraignants de réduction des émissions pour les véhicules techniques interdits en 2040, substitution de l’énergie électrique dans le routier aux énergies fossiles.

Incitation au report modal, accroissement du taux de remplissage des véhicules, recours à un signal prix du carbone par des taxes et permis négociables afin de réduire la demande de transport. Dans le fret, la hausse  de la demande devrait être fixée  à 40 % entre 2015 et 2050.

 

1 Commentaire

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