Transport aérien : la CEDEAO accélère la mise en œuvre de la réforme des taxes et redevances
Par Ibrahima DIALLO
6 juillet 2026 / 09:47

Réunis les 2 et 3 juillet à Lomé, les membres du Comité de supervision économique du transport aérien de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont examiné les modalités de mise en œuvre de la réforme régionale des taxes et redevances aériennes. L’objectif est de réduire le coût du transport aérien et d’améliorer la connectivité entre les États membres.

Les travaux s’inscrivent dans le prolongement de l’acte additionnel adopté par les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO à Abuja en décembre 2024, entré en vigueur le 1er janvier 2026. Ce texte prévoit la suppression de quatre taxes jugées sans lien direct avec le développement du transport aérien – la taxe sur les billets, la taxe de solidarité, la taxe sur le tourisme et la taxe sur les voyages à l’étranger – ainsi qu’une réduction d’au moins 25 % des redevances passagers et de sûreté.

Selon l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), les taxes et redevances appliquées sur un vol international atteignent en moyenne 92 dollars en Afrique de l’Ouest, contre 66 dollars à l’échelle du continent et environ 32 dollars en Europe et au Moyen-Orient.

Les participants, parmi lesquels figurent les autorités de l’aviation civile, les exploitants d’aéroports, les compagnies aériennes et les fournisseurs de services de navigation aérienne, doivent arrêter une stratégie régionale de mise en œuvre et harmoniser les réglementations nationales avec les principes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Le comité est également chargé de veiller à ce que les réductions de taxes et de redevances soient effectivement répercutées sur le prix des billets. Selon la Commission de la CEDEAO, les États membres affichent toutefois des niveaux d’avancement différents : certains ont déjà adopté les textes nationaux nécessaires, tandis que d’autres n’ont pas encore engagé leur transposition. Un premier rapport d’étape est attendu à la fin du mois de juillet 2026.

En marge de la réunion, le Togo a annoncé une mesure nationale destinée à faciliter l’installation de nouvelles compagnies aériennes. Les frais administratifs exigés pour l’obtention des autorisations d’exploitation ont été ramenés de 200 millions de FCFA à 3,5 millions de FCFA, soit une baisse de plus de 98 %.

Selon l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) du Togo, cette décision vise à attirer davantage de transporteurs sur le marché togolais afin de renforcer la concurrence. Les projections des experts de la CEDEAO estiment qu’une application complète de la réforme pourrait entraîner une baisse d’environ 40 % du prix des billets et une hausse de la demande comprise entre 20 et 30 %, sous réserve de son adoption effective par l’ensemble des États membres.

Auteur : La Rédaction 

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