Transport aérien : la BAD veut mobiliser 25 milliards de dollars pour accélérer le développement du secteur en Afrique
Par Ibrahima DIALLO
2 juin 2026 / 15:49

Face à la croissance du trafic aérien sur le continent et au déficit persistant d’infrastructures, la Banque africaine de développement (BAD) entend renforcer son soutien au secteur aérien. L’institution mise sur un important effet de levier financier pour attirer davantage d’investissements privés dans les aéroports, les compagnies aériennes et les infrastructures connexes.

La Banque africaine de développement ambitionne de mobiliser jusqu’à 25 milliards de dollars d’investissements en faveur du transport aérien africain au cours des prochaines années. Pour atteindre cet objectif, l’institution prévoit de s’appuyer sur différents mécanismes financiers, notamment des garanties et des fonds concessionnels destinés à réduire les risques supportés par les investisseurs privés.

Cette approche vise à combler le déficit de financement qui freine encore le développement des infrastructures aéroportuaires et des capacités de transport sur le continent.

Parmi les projets prioritaires figure le futur aéroport international de Bishoftu, en Éthiopie, dont le coût est estimé à environ 12,5 milliards de dollars. La BAD souhaite jouer un rôle central dans la mobilisation des ressources nécessaires à la réalisation de cette infrastructure, appelée à devenir l’un des plus importants hubs aériens du continent.

Au-delà des grands projets aéroportuaires, l’institution entend également soutenir le développement des compagnies aériennes africaines et l’amélioration des réseaux de connectivité régionale.

Cette stratégie s’inscrit dans une vision plus large d’intégration du transport aérien africain. La banque met notamment l’accent sur les réformes réglementaires, l’ouverture des marchés et la réduction des obstacles qui continuent de limiter la circulation des personnes et des marchandises entre les pays africains.

Les questions liées à la fiscalité des billets d’avion et à la mise en œuvre du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA) figurent parmi les principaux chantiers identifiés pour améliorer la compétitivité du secteur.

Malgré ces ambitions, plusieurs défis demeurent. La capacité à attirer durablement les investisseurs privés, la stabilité des cadres réglementaires, la situation financière de nombreuses compagnies aériennes africaines ainsi que les contraintes économiques auxquelles font face plusieurs États pourraient influencer le rythme de mise en œuvre des projets.

La réussite de cette transformation dépendra également de la volonté des gouvernements de poursuivre les réformes destinées à favoriser une meilleure intégration du transport aérien à l’échelle du continent.

Auteur : La Rédaction 

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