Sanctions CEDEAO contre le Mali: le transport sénégalais en état d’alerte
Par Ibrahima DIALLO
12 janvier 2022 / 11:22

Suite à leur sommet extraordinaire tenu dimanche dernier, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a pris des sanctions inédites à l’encontre du Mali en fermant les frontières aériennes et terrestres. Le pays est désormais sous embargo et cette situation devrait impacter considérablement sur le commerce extérieur au Sénégal notamment dans le secteur du transport.

Le Mali reste le premier client commercial du Sénégal, d’après les statistiques de l’ANSD (agence nationale de la statistique et de la démographie) de 2020 avec notamment une concentration de 21 % des exportations du Mali au Sénégal.

Le trajet Dakar Bamako constitue un axe stratégique pour le pays qui dans le cadre de ses importations dépends beaucoup du Port Autonome de Dakar. Les transporteurs sénégalais peuvent nourrir des inquiétudes suite à la décision de la CEDEAO de sanctionner le Mali avec la fermeture des frontières.

Gora Khouma, le secrétaire général de l’Union des transporteurs routiers du Sénégal ne cache pas son amertume. Il pense que la fermeture des frontières aura des conséquences au niveau des transporteurs et sur l’économie du Sénégal. « Nous sommes inquiets, parce que 80 % du fret malien passe à Dakar.

Le port de Dakar ravitaille le Mali. Si c’est fermé, ça va nous porter préjudice. Et si le transport au niveau des frontières est bloqué, ça signifie que notre économie de transport aussi est bloquée » at-il expliqué.

Poursuivant ses propos il soutient : « puisque nous ne comptons que sur le transport malien, pour qui dit le transport lourd, ce n’est pas le transport local, c’est le transport international. Qui nous nourrit. Si ce transport international est bloqué, ça veut dire que l’économie de transport routier est bloquée ».

Le tronçon Dakar Bamako joue un rôle fondamental dans les échanges commerciaux entre le Mali et le Sénégal notamment avec un trafic d’un millier de camions par jour qui rapporte 474 milliards de F CFA à notre économie.

L’économiste Ndongo Samba Sylla qui a réagi suite à cette décision de la CEDEAO est du même avis que le syndicaliste. En effet il constate qu’en validant les sanctions contre le Mali, le Sénégal se tire aussi une balle dans le ventre.

« Comme destination à l’exportation, le Mali, tout seul (474 milliards FCFA en 2020), est plus important pour le Sénégal que tous les pays de l’UE réunis (264 M ; France = 44 M). En acceptant les sanctions de la CEDEAO contre le Mali, le Sénégal se tire une balle au ventre », a posté l’économiste sur sa page Twitter.

 

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