Abu Dhabi Ports, opérateur public des Émirats arabes unis, a engagé des discussions avec le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi au sujet de projets portuaires à Matadi et Boma. Ces éventuels investissements s’inscrivent dans un programme plus large d’infrastructures reliant la République démocratique du Congo (RDC) aux corridors régionaux.
Les autorités de la République démocratique du Congo ont confirmé des discussions avancées avec Abu Dhabi Ports concernant de possibles investissements dans les ports de Matadi et de Boma. L’entreprise émiratie a évoqué ce projet lors d’une rencontre à Kinshasa le 16 novembre avec le président Félix-Antoine Tshisekedi et le ministre d’État émirati chargé des Affaires étrangères, Sheikh Shakhboot Nahyan Al Nahyan.
À ce stade, aucune indication n’a été donnée sur l’ampleur financière ou le calendrier des projets. Pour Kinshasa, les deux ports constituent des infrastructures stratégiques pour les échanges commerciaux, notamment Matadi, principal point d’entrée des importations industrielles du pays.
Selon la présidence congolaise, ces discussions s’intègrent dans un programme d’infrastructures plus vaste, incluant le développement du corridor de Lobito, la création de deux ports secs et la modernisation de routes reliant Kolwezi à Dilolo, ainsi que les axes entre la RDC, l’Angola et la Zambie.
Les échanges ont également porté sur le secteur minier, un pilier majeur de l’économie congolaise, ainsi que sur des sujets de coopération technique tels que l’échange d’informations financières pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Les deux parties souhaitent par ailleurs finaliser un accord de libre-échange en discussion depuis plusieurs mois et organiser un forum économique destiné à attirer de nouveaux investisseurs.
Les échanges commerciaux entre la RDC et les Émirats arabes unis ont atteint en moyenne 1,059 milliard de dollars d’exportations par an entre 2021 et 2023, contre 1,89 milliard de dollars d’importations, soit un déficit annuel moyen de 650 millions de dollars pour la RDC.
Les exportations reposent en grande partie sur le cuivre raffiné, l’or et les diamants. La présence émiratie pourrait s’amplifier avec l’acquisition par le conglomérat IRH/IHC de 56 % d’Alphamin Resources, propriétaire de la mine d’étain de Bisie.
D’autres entreprises, dont Lone Star Ltd et Business Gate, ont aussi montré un intérêt pour des projets énergétiques dans la province de la Tshopo, notamment dans les énergies renouvelables, confirmant la montée en puissance de la coopération bilatérale.
Auteur : La Rédaction


















