Au premier trimestre 2025, le port autonome de Douala affiche des résultats contrastés. Si les recettes progressent, le trafic maritime décline, révélant les tensions persistantes qui pèsent sur la logistique camerounaise et sous-régionale.
Symbole de la vitalité économique du Cameroun, le port de Douala traverse une phase paradoxale. Les chiffres officiels du ministère des Finances montrent une hausse de 25,9 % du chiffre d’affaires sur les trois premiers mois de 2025, portée non par une dynamique commerciale, mais par le règlement anticipé des redevances domaniales.
En parallèle, le trafic global a reculé de 6,9 %, confirmant un ralentissement du flux maritime sur cet axe clé pour le commerce du pays.
Cette contraction se manifeste par une diminution du tonnage à l’importation et à l’exportation, respectivement de 8,1 % et 1,8 %. En rythme annuel, les revenus du transport maritime progressent de 3,2 %, mais le trafic global baisse de 2,9 %.
Ces chiffres traduisent un déséquilibre entre la performance financière et l’efficacité opérationnelle du port. La situation souligne également la vulnérabilité d’une infrastructure qui concentre entre 75 % et 85 % du fret national, ainsi qu’une part importante des échanges avec le Tchad et la Centrafrique.
Sur le terrain, les contraintes logistiques persistent. Le dragage du fleuve Wouri demeure irrégulier, prolongeant le temps d’attente des navires, désormais estimé à neuf jours, contre sept dans les ports concurrents de la région.
Les fortes pluies, la vétusté du matériel et le pic d’activité lié aux exportations de cacao aggravent la congestion des terminaux. Malgré un plan d’investissement de 12 milliards de FCFA pour moderniser ses équipements, Douala peine encore à fluidifier son trafic et à répondre aux exigences croissantes du commerce sous-régional.
Auteur : La Rédaction


















