Réunis à Londres du 14 au 17 octobre, les États membres de l’Organisation maritime internationale (OMI) ont décidé de reporter d’un an l’adoption du “Net-Zero Framework”, un ensemble de règles majeures visant à décarboner le transport maritime mondial. Cette décision, largement influencée par les États-Unis, marque un recul pour la transition énergétique du secteur.
Le projet de cadre, élaboré en avril 2025, devait instaurer le premier ensemble contraignant de normes environnementales mondiales pour la marine marchande. Il prévoyait à la fois un standard sur l’intensité carbone des carburants marins et un mécanisme économique de taxation ou de crédits liés aux émissions.
L’ensemble des navires de plus de 5. 000 tonneaux, responsables d’environ 85 % des émissions du transport maritime international, étaient concernés. Initialement soutenue à la majorité simple, l’adoption formelle du texte et la mise en œuvre prévue pour 2027 semblaient acquises avant l’intervention de Washington.
Les États-Unis ont mené une campagne diplomatique active pour bloquer le processus, avertissant qu’ils prendraient des “mesures réciproques” si leurs navires ou compagnies étaient soumis à des coûts supplémentaires.
Sous cette pression, 57 pays ont voté pour le report de la décision, contre 49 oppositions et 21 abstentions. Cette manœuvre a plongé le secteur dans l’incertitude, retardant la mise en place des nouvelles normes et des mécanismes financiers destinés à encourager les carburants à faibles émissions.
Le report représente un revers pour les acteurs du transport maritime et les défenseurs de la transition énergétique. Le système proposé aurait pu générer jusqu’à 12 milliards de dollars par an pour financer la décarbonation du secteur, qui représente près de 3 % des émissions mondiales de CO₂.
Pour de nombreux pays en développement, cette décision compromet les chances d’atteindre les objectifs fixés par la stratégie climatique de l’OMI, notamment une réduction de 40 % de l’intensité carbone d’ici 2030.
L’OMI assure toutefois que le cadre “reste bien vivant”, mais la décision finale attendue en 2026 interviendra dans un climat de méfiance accrue entre grandes puissances économiques et partisans d’une gouvernance climatique multilatérale.
Auteur : La Rédaction


















