Le Maroc relance sa flotte marchande et mise sur un pavillon national fort
Par Ibrahima DIALLO
8 novembre 2025 / 07:00

Après plusieurs années d’attente, la flotte marchande marocaine amorce sa reconstruction. L’enregistrement d’un pétrolier sous pavillon national marque une étape symbolique pour le retour du Royaume sur la scène maritime mondiale. Experts et acteurs du secteur appellent désormais à transformer cet élan en stratégie durable, structurée autour de la souveraineté et de la compétitivité.

Le navire PS Oufella, rebaptisé et immatriculé sous pavillon marocain, illustre le retour du Maroc dans le transport maritime international. Pour l’expert Najib Cherfaoui interrogé par le journal marocain les Eco, ce renouveau dépasse le symbole. Il s’agit d’un tournant stratégique pour un pays dont la géographie et l’histoire sont intimement liées à la mer.

Dans un contexte mondial marqué par les tensions en mer Rouge et le contournement du cap de Bonne-Espérance, la question d’une flotte nationale retrouve toute son importance. Elle conditionne l’autonomie logistique et la sécurité des approvisionnements du Royaume.

Selon Najib Cherfaoui, la reconstruction de la flotte marocaine repose sur des bases déjà établies. Une étude approfondie, menée entre 2014 et 2024 par des experts nationaux, retrace plus d’un siècle d’histoire maritime, ses crises et ses renaissances. Il regrette que ce travail reste peu exploité par les décideurs publics.

L’enjeu, insiste-t-il, n’est pas de produire de nouveaux rapports, mais d’appliquer les conclusions existantes : définir les besoins, structurer le financement et relancer les filières. L’objectif est clair : faire du pavillon marocain un outil économique et stratégique, garant de la souveraineté maritime.

L’expert estime que la reconstitution d’une flotte de vracs solides et liquides, évaluée à un milliard de dollars, peut s’autofinancer. Le marché domestique de 70 millions de tonnes annuelles en produits comme les phosphates, les engrais ou les hydrocarbures offre une base solide.

Dans ce modèle, chaque navire génère ses propres recettes, avec un partage clair des rôles entre l’État, les armateurs et les exploitants. Ce schéma pourrait réduire la dépendance aux compagnies étrangères, tout en réinvestissant localement les deux milliards de dollars dépensés chaque année en fret.

Au-delà de l’économie, le contrôle du fret a un impact direct sur la stabilité macroéconomique et la transition écologique. Une flotte nationale permettrait de maîtriser les coûts du transport, de limiter l’inflation et de promouvoir des pratiques plus respectueuses de l’environnement.

Pour Cherfaoui, le Maroc doit s’imposer comme puissance maritime régionale, soutenue par Tanger Med et sa position stratégique entre Atlantique et Méditerranée. Le pavillon national redeviendrait alors un levier de souveraineté et d’influence, dans la perspective d’un Maroc maritime à l’horizon 2040.

Auteur : La Rédaction 

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