L’ADHESION DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO A LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ETATS DE L’AFRIQUE DE L’EST : LE PAYS A-T-IL ENFIN TROUVE LA VOIE DE SON DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ?
Par Ibrahima DIALLO
26 avril 2022 / 11:26

Qualifiée de « scandale géologique », la République Démocratique du Congo est l’un des pays les plus riches au monde avec une diversité de ressources dans son sol, richesse qui ne se reflète toujours pas dans le revenu moyen par habitant.

C’est avec ce statut que l’ex-colonie belge a récemment adhéré à la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est (EAC) avec pour objectif de booster ses échanges commerciaux et développer ses relations politiques avec ses voisins de l’Afrique de l’Est.

Constituée de 6 pays membres et d’une population d’environ 190 millions d’habitants avec un PIB qui tourne autour de 250 milliards de dollars avant l’intégration de la RD Congo, l’EAC compte renforcer son statut de communauté économique régionale en facilitant la circulation de biens, de capitaux et de personnes de ses pays membres vers la RD Congo et vice-versa.

Selon le secrétaire général de l’EAC Peter Mathuki qui s’estime heureux de l’élargissement du territoire de ce bloc commercial avec la RDC, « l’EAC s’étend désormais de l’océan Indien à l’océan Atlantique, ce qui rend la région compétitive et facilite son accès à la plus grande zone de libre-échange continentale ».

La communauté des États de l’Afrique de l’Est (EAC) passe ainsi à une population d’environ 300 millions d’habitants, d’où l’on se pose la question à savoir si les flux de marchandises, de capitaux et de personnes des 6 pays membres de la communauté seront-ils redéfinis en fonction du gros poisson qui vient de faire son intégration ?

Rappelons que la RDC est le 4ème pays le plus peuplé du continent soit 90 millions d’habitants.

Cependant, pour que tous ces pays membres de l’EAC ainsi que la RD Congo elle-même profitent pleinement de ce marché sous régional, ils devront relever des nombreux challenges que peut entraîner l’adhésion de la RD Congo, ce pays à double facette caractérisée par la richesse de son sous-sol et également gangréné par l’insécurité liée à la présence des groupes armés ainsi que des infrastructures en mauvais état qui freinent son développement économique.

Le pays commerçait déjà avec ses voisins de l’Afrique de l’Est surtout le Rwanda, commerce qui s’est intensifié depuis quelques années lorsque la frontière entre l’Ouganda et le Rwanda a été fermée par Paul Kagamé le président Rwandais suite aux tensions politiques entre les deux pays.

Un défi sécuritaire pas des moindres

Avec l’adhésion de la RDC à l’EAC, c’est désormais le tremplin pour le pays de développer ses échanges commerciaux dans un cadre formel avec ses voisins, ce qui lui permettra éventuellement de réduire les agressions des rebelles de l’ADF que subit sa population dans la partie orientale du pays grâce à une franche collaboration des pays voisins notamment sur le plan sécuritaire.

On se souvient qu’en décembre dernier les troupes ougandaises sont rentrées en territoire congolais suite à l’invitation du gouvernement de Félix Tshisekedi qui voulait en finir avec les nombreuses tueries dans l’est du pays, une zone immensément riche en ressources.

Libre circulation des personnes

L’adhésion de la RDC dans cette communauté économique régionale devrait permettre aux congolais de voyager librement dans les 6 autres pays membres de l’EAC sans visa. Jusqu’à présent les hommes d’affaires congolais ont même du mal à se rendre en Ouganda avec toutes les tracasseries administratives qu’ils rencontrent et tous les frais administratifs qu’ils doivent payer (environ 120$).

Cependant la facilitation prochaine des formalités administratives pour se rendre dans les autres pays prendra un peu de temps dès lors que les législateurs congolais n’ont pas encore ratifié les lois et règlements de l’EAC.

De nouvelles connexions logistiques et douanières

Victime de l’évolution du trafic maritime, le port de Matadi principal port de la RD Congo tant à être délaissé par les armateurs au profit du port de pointe noire, son voisin congolais par qui les marchandises passent par voie terrestre pour desservir le pays.

Son adhésion à l’EAC lui permet désormais de bénéficier des ports de l’océan indien tels que celui de Mombasa et celui de Dar Es Salaam principaux ports de la sous-région qui permettent de drainer un flux considérable de marchandises dans toute l’Afrique de l’Est. Toutefois, la RD Congo doit moderniser ses corridors routiers pour profiter pleinement de ces grands ports.

Au-delà de ces infrastructures portuaires que la RD Congo pourrait bénéficier très prochainement c’est également un soulagement pour les opérateurs économiques des autres pays membres qui connaissent beaucoup de difficultés pour faire passer leurs marchandises aux frontières de la RDC.

Les systèmes douaniers étant différents les uns des autres les marchandises perdent énormément de temps aux postes frontières entrainant ainsi des coûts de stationnement et de stockage énormes.

L’intégration des systèmes douaniers aux postes frontières de la RDC avec les autres pays devrait résoudre tous ces problèmes qui augmentent le coût logistique des marchandises pour une population dont le revenu moyen journalier tourne autour de 1,5 $.

Kevin Akpali

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