Par Ibrahima DIALLO
16 février 2022 / 12:20

Nous avons tous constaté les pénuries engendrées par la crise sanitaire de la COVID-19 dans nos propres pays. On peut se rappeler des problématiques dues à une demande inédite et soudaine en masques, gel hydroalcoolique etc dans les supply chains du secteur médical. On ne peut cependant pas s’intéresser et conclure uniquement à l’échelle locale. Les supply chains sont aujourd’hui mondialisées.

 La pandémie de la COVID-19 montre clairement le manque de résilience des supply chains et l’impact que les perturbations peuvent avoir à l’échelle mondiale lorsque des maillons individuels sont défectueux.

Les supply chains européennes des secteurs automobile ou électronique sont par exemple fortement impactées par des pénuries de composants liées à des acteurs de leur supply chain non européens. Les tendances pour les mois à venir ne sont pas positives.

Quelles leçons pouvons-nous tirer de ces études de cas pour rendre plus résilientes les supply chains alors que la crise sanitaire n’est pas encore derrière nous et que surtout d’autres crises ne manqueront pas de survenir dans le futur ? Une simple recherche sur Google scholar remonte plus de 17 000 résultats concernant la résilience de la supply chain et la COVID-19.

 Plus d’une dizaine de revues de littératures sur ces deux années de production académique a déjà été publiée (e.g. Golan et al., 2020 ; Chowdhury et al., 2021 ; Sajjad, 2021).

Ceci montre l’intérêt de la communauté académique et ce quel que soit le pays ou le continent. De nombreux secteurs sont examinés : manufacturier, agroalimentaire, énergie, logistique, etc. Ces études de cas portent principalement sur les Etats-Unis, l’Iran, l’Inde et la Chine mais aussi sur d’autres régions asiatiques et européennes.

Les supply chains d’Amérique centrale et latine ainsi que d’Afrique sont moins explorées. Les recherches en Afrique portent principalement sur les supply chains agroalimentaires dans des pays comme le Ghana, L’Afrique du Sud, le Kenya ou le Nigeria par exemple (Nordhagen et al., 2021).

Les publications académiques recherchent les bonnes pratiques à mettre en place pour rendre plus résilientes les supply chains en tirant les leçons de la Covid-19.

(El Baz et Ruel, 2021), par exemple, étudient 470 entreprises françaises et montrent que la gestion des risques de la supply chain permet d’atténuer les perturbations et de favoriser la résilience et la robustesse des entreprises durant une crise comme celle-ci.

Une autre étude sur des entreprises jordaniennes souligne que l’amélioration continue renforce la résilience (Zighan et Ruel, 2021). Quieroz et al (2021) se basent sur l’étude d’entreprises brésiliennes et indiquent qu’en cas de perturbations majeures les supply chains dans les pays émergents doivent se concentrer sur la gestion de leurs ressources.

Les entreprises doivent réorganiser leurs ressources, souvent limitées, en fonction des perturbations générées pour accroître la résilience.

D’autres études mettent en avant la diversification, la localisation, la régionalisation et la collaboration avec les parties prenantes. Ces recommandations font également écho aux objectifs du développement durable des entreprises.

Être plus proche des consommateurs, utiliser des matières premières locales, simplifier la supply chain répond à la fois à des objectifs sociaux et environnementaux. Si rendre plus résiliente une supply chain permet de la rendre plus durable ou inversement…

Enfin, l’industrie 4.0 est avancée comme une solution par de nombreuses recherches. L’innovation est en effet soulignée comme un facteur de résilience. Quayson et al. (2020) analysent une supply chain du cacao au Ghana et prônent la transformation numérique.

Ils extrapolent leurs résultats à d’autres pays et supply chains comportant de petits exploitants. Cette transformation nécessite l’implication d’autres parties prenantes comme les ONGs, les gouvernements ou les communautés locales.

L’étude de supply chains dans le secteur du retail omnichanal en Afrique du Sud constitue un autre exemple (Weber, 2020).

Ce secteur doit notamment s’adapter à la migration de ces clients vers les ventes en ligne. Ivanov (2020) va plus loin et propose une vision holistique de la résilience. Il définit le concept de viabilité qui dépasse la résilience en incluant l’agilité, la résilience et la durabilité.

Les supply chains doivent s’adapter-agilité-pour absorber les per[1]turbations-résilience-et survivre -durabilité.

Alors que la résilience est liée à une supply chain, la viabilité est considérée au niveau des réseaux de supply chains connectées. Dans notre économie mondialisée et en période de crise, il ne s’agit pas de développer la résilience d’une supply chain mais la viabilité de l’ensemble de son écosystème !.

Pr. Anicia Jaegler

 

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