Le trafic mondial de fret aérien a progressé de 4 % en octobre 2025 par rapport à l’année précédente, selon les données publiées par Xeneta. Une performance meilleure qu’attendue, mais qui masque un ralentissement général de la demande et une baisse continue des tarifs, dans un contexte où le marché tend désormais à favoriser les chargeurs.
Après plusieurs mois de hausse, la croissance du fret aérien mondial montre des signes d’essoufflement. En octobre, les volumes transportés ont progressé de 4 % sur un an, tandis que les taux spot ont reculé de 3 %, s’établissant à 2,58 dollars le kilo.
Les tarifs contractuels, valables sur plusieurs mois, ont quant à eux chuté de 8 %. Cette baisse traduit le pessimisme croissant des transitaires et des compagnies aériennes, confrontés à une demande moins soutenue et à une offre en hausse de 5 %.
Le marché transatlantique apparaît comme le plus affecté, avec une chute de 6 % des volumes entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Ce corridor, longtemps moteur du fret général, semble aujourd’hui indiquer un retournement de tendance pour le commerce mondial.

Dans le même temps, les flux Asie-Europe conservent une certaine vigueur, stimulés par la forte croissance du e-commerce chinois à destination du continent européen, en hausse de 62 % en septembre. Cette dynamique contraste avec la baisse persistante des envois vers les États-Unis, en recul de 34 % sur la même période.
La montée en puissance du e-commerce compense partiellement la baisse du fret industriel, mais la pression sur les prix demeure forte. Les taux sur les lignes Asie–Europe reculent de 5 % sur un an, malgré un léger redressement depuis la fin du troisième trimestre.
Les capacités de fret se déplacent progressivement du transpacifique vers les routes euro-asiatiques, entraînant un rééquilibrage temporaire des volumes, mais sans inversion durable de tendance.

Selon Xeneta, le marché du fret aérien devrait rester sous tension dans les prochains mois, en raison d’une demande modérée et de revenus inférieurs aux attentes. Les compagnies et transitaires devraient intensifier la concurrence sur les parts de marché, accentuant la pression sur les tarifs.
Pour les chargeurs, la situation devient plus favorable, mais cette baisse des coûts ne suffira pas à compenser la faiblesse des ventes et la morosité des échanges mondiaux attendue à l’approche de 2026.
Auteur : La Rédaction


















