Europe-Afrique : une relation plus saine pour des relations économiques fructueuses et profitables
Par Ibrahima DIALLO
17 février 2022 / 15:57

Les attentes sont grandes pour les dirigeants et entrepreneurs des pays africains qui vont prendre part au prochain sommet prévu à Bruxelles ce 17 et 18 février en présence de l’Union Européenne. La clarification sans concession des relations et des modalités de l’action de l’UE tant en termes d’investissements que de coopération contribuera à la réussite commune des deux espaces économiques.

D’ici à 2027, le fond Global Gateway de l’UE veut mobiliser jusqu’à 300 milliards d’euros de fonds publics et privés au profit de projets d’infrastructures à travers le monde, dont plus de 150 milliards d’euros en Afrique.

En partance pour Dakar, pour préparer le sommet de la mi-février, la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a affirmé que « l’Europe est le partenaire le plus fiable de l’Afrique ».

Elle ajoute : « Il faut travailler davantage ensemble pour relever les défis actuels – comme l’impact déjà très réel du changement climatique ou la santé ».

D’abord, la rivalité économique qui s’exerce sur le territoire de l’Afrique entre la Chine, les États-Unis, la Russie de nouveau et l’Union européenne, a des conséquences néfastes pour les africains.

On ne peut reprocher aux entrepreneurs africains de varier leurs partenariats, de tirer parti de cette concurrence. Le succès économique passe par cette diversification et par la combination de ces partenaires.

L’Europe doit accepter cela si elle veut être un partenaire crédible dans le long terme, plutôt que de chercher à discréditer des projets au seul motif que d’autres puissances sont investies dans ceux-là.

Devenir associé, c’est aussi limiter l’influence de son concurrent, et en tout cas il ne peut s’agir pour l’Afrique de choisir un camp. L’objectif est de faire décoller enfin le continent africain.

Il faut souligner que bon nombre de pays en Afrique et institutions doivent progresser vers plus d’État de droit, améliorer de façon continue la lutte contre la corruption.

Cela permettrait de rendre plus efficace le système judiciaire mais aussi de mieux protéger les investisseurs de tout ordre.

L’Europe quant à elle est appelée à s’inscrire dans le développement réel de nos pays. Prenant l’exemple de la République démocratique du Congo, l’électrification est devenue un enjeu primordial puisque moins de 10% de la population a accès à l’électricité ; 1% en milieu rural.

Pourtant, le potentiel hydroélectrique de la RDC est estimé à plus de 100 gigawatts, ce qui en fait le 3eme potentiel au monde derrière la Russie et la Chine !.

Nous conviendrons que l’exploitation, sérieuse, raisonnée de ce potentiel peut à la fois sortir les populations de la pauvreté et du sous-développement et inscrire le pays dans un développement durable, à même de participer à la lutte contre le réchauffement climatique.

Justement c’est cet enjeu commun que pointe la Présidente de la Commission européenne. Et pourtant, sur le terrain, ce sont souvent les acteurs européens – représentations, acteurs économiques, ONG qui  contrecarrent et ralentissent les projets de développement.

Beaucoup de facteurs empêchent l’Europe d’être pleinement le partenaire fiable qu’elle veut être et dont l’Afrique a réellement besoin.

Une attitude franche de partenaire, une meilleure coordination des actions politiques et économiques et un langage de franchise sont plus qu’indispensables au futur des relations économiques et des co-investissements entre les acteurs européens et les entrepreneurs africains.

 

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