ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC LE PRÉSIDENT DU DIRECTOIRE DE L’INSTITUT DE FORMATION FERROVIAIRE DU MAROC (IFF)
10 juin 2022 / 11:29

ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC LE PRÉSIDENT DU DIRECTOIRE DE L’INSTITUT DE FORMATION FERROVIAIRE DU MAROC (IFF)

Basé à Rabat depuis sa création en 2015 grâce à un partenariat SNCF-ONCF, l’IFF (Institut de Formation Ferroviaire) du Maroc a été certifié ISO 21001. L’Institut dispense des modules innovantes directement liées aux métiers ferroviaires et transverses, destinées principalement aux opérateurs de Lignes à Grande Vitesse, de Lignes Classiques mais également déclinables au transport urbain et péri-urbain pour le Maroc, la France et l’Afrique.

Disposant d’un catalogue de formation sur mesure, l’institut est sollicité pour son savoir-faire reconnu et son expertise en Afrique et même en Europe. Dans cet entretien exclusif accordé au magazine Africa Supply Chain, le Président du Directoire Karim Eddine CHENNOUF ainsi que le Directeur Général Christophe Martin nous expliquent comment l’institut est devenu l’un des pionniers de la formation dans le secteur ferroviaire en Afrique, la gestion du centre durant la pandémie de la Covid-19 ainsi que sa collaboration avec plusieurs opérateurs africains à l’image de GTS-S.A au Sénégal.

Président du directoire IFF depuis 2015, il a forgé sa carrière dans le secteur ferroviaire à l’ONCF Maroc où il a assuré différents postes de responsabilité en commençant par le domaine de la maintenance du matériel roulant en tant que Responsable de l’atelier de maintenance des systèmes de freinage en 1987. Puis, Chef du service de production chargé d’organisation et la réalisation du programme de maintenance en 1992, puis Directeur d’établissement de maintenance du matériel remorqué fret et voyageur en 1994.

Ensuite, Chef du département des RH et des affaires générales à la direction centrale du Matériel Roulant en 1996. C’est là où il a mené le plan de restructuration et de réorganisation des établissements de maintenance et a également assuré le pilotage de la certification qualité de ces établissements.

En 2002, il est nommé Directeur des ressources humaines de l’ONCF et a piloté la refonte du système de gestion des RH et la transition du statut du personnel 1963 devenu caduque vers un nouveau statut plus motivant.

En 2009, il est reconduit Directeur des RH et Affaires Juridiques de l’ONCF période pendant laquelle il a également été chargé, avec une équipe mixte ONCF/SNCF, du projet de création de l’Institut de Formation Ferroviaire (IFF) qui est une joint-venture créée par les deux opérateurs ferroviaires de France et du Maroc et qui accueille des stagiaires des deux entreprises.

L’IFF a ouvert ses portes à Rabat depuis 2015, fruit d’un partenariat entre la SNCF et l’ONCF, qu’est-ce-qui a motivé sa création et comment se présente l’institut ?

Le projet de l’IFF est né du partenariat entre SNCF et l’ONCF dans le cadre projet Grande Vitesse Maroc. Son premier objectif était d’assurer le transfert des compétences nécessaires à l’exploitation et la maintenance d’un réseau à Grande Vitesse. Plus de 600 collaborateurs de l’ONCF ont ainsi été formés, rendant la compagnie en totale capacité de maîtriser la Grande Vitesse ferroviaire.

Au-delà de ce simple transfert, les deux actionnaires de l’Institut ont souhaité pouvoir favoriser les échanges entre pairs : c’est ainsi que des cheminots français et marocains se forment à l’IFF depuis la création de l’Institut.

Enfin, sur ces bases, l’ouverture vers l’ensemble des opérateurs de la région est apparue comme une évidence, dans un contexte où les projets de développement ferroviaires sont nombreux sur le continent.

L’IFF est l’un des premiers instituts de formation spécialisés dans le transport ferroviaire en Afrique, quelle analyse faites-vous de votre marché dans le continent ? Auriez-vous des concurrents ?

Nous ne raisonnons pas en termes de concurrence. Les opérateurs du continent n’ont pas attendu l’IFF pour réaliser des formations et bâtir leurs propres centres de formation. Nous souhaitons être complémentaire de l’offre de formation dont dispose chaque pays en nous appuyant sur des outils pédagogiques innovants.

En cela, l’IFF a investi dans des maquettes pédagogiques, des outils de simulation et dans des dispositifs d’enseignement à distance qui le placent en position d’offrir des services en évitant à d’autres d’avoir à supporter des investissements importants. Il y a clairement des besoins en formation liés au développement du ferroviaire sur le continent.

Nous offrons par notre structure et notre savoir-faire des possibilités de formation donnant une compétence dans l’ensemble des métiers du ferroviaire et dans l’approche globale du système ferroviaire. Nos formateurs sont des experts dans leur domaine, avec une expérience forgée chez SNCF ou à l’ONCF

Le transport ferroviaire est en souffrance en Afrique et on note un écart entre les pays maghrébins qui sont plus en avance par rapport aux pays de l’Afrique subsaharienne en matière de ferroviaire, selon-vous comment expliquer cette situation ? Globalement, quelle analyse faites-vous des problèmes liés au transport ferroviaire dans le continent ?

En effet, il y a visiblement un certain décalage en matière de développement du secteur ferroviaire entre différentes régions de l’Afrique dû essentiellement aux politiques publiques de chaque pays mais également au fait que ce secteur est fortement capitalistique, ce qui l’a relégué en seconde priorité en termes d’investissement dans de nombreux États africains.

Néanmoins, nous assistons à une relance de ce secteur ces derniers temps, comme en témoignent les grands projets réalisés ou en cours, et qui se sont imposés en tant que projets structurants pour le développement de l’Afrique. Le cas du train à grande vitesse du Maroc « Al Boraq », le TER de Dakar en sont les exemples les plus récents, mais nombre d’autres projets sont d’actualité dans les différentes régions d’Afrique.

ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC LE DIRECTEUR GENERAL DE L’INSTITUT DE FORMATION FERROVIAIRE (IFF)

Entré à la SNCF en 1987, Christophe MARTIN commence sa carrière au service client. Il a tenu des postes de responsabilité en Direction chez SNCF Voyageurs (marketing, conception de desserte, sûreté et lutte antifraude), en Région (études et projets TER) et en Ile de France (chef de projet) mais également des postes de management opérationnel : Directeur d’un établissement de 500 contrôleurs, Directeur d’Exploitation puis Directeur TGV en Pays de la Loire où il a dirigé à partir de 2010 une structure de 1000 agents (ventes, escale, service à bord et centre d’appel téléphonique) avant de rejoindre l’IFF en juillet 2017.

Depuis quelques temps, l’IFF a su attirer de nouveaux opérateurs dans certains pays africains à l’image des Grands Trains du Sénégal (GTS-S.A) qui vous sollicite pour la formation de ses agents, quelle est votre ambition pour ce continent ?

L’IFF se pose en partenaire des opérateurs du continent, en ce sens qu’il est en capacité d’offrir des formations de trois types :

  • « Sur catalogue » (l’ensemble des modules est disponible sur notre site internet www.iff-ma. com à la rubrique formations) ;
  • A la carte (en combinant des modules pour établir des parcours de formation) ;
  • Et également sur mesure, à partir d’un cahier des charges établi par le client. Notre force est aussi de favoriser les rencontres entre cheminots de divers horizons, en particulier lorsque les formations se déroulent à Rabat.

Le partage des expériences et les visites techniques sont des éléments essentiels de la formation ; Nous adaptons également nos pratiques et, lorsque cela est plus pertinent, nous réalisons les formations sur site chez nos clients pour optimiser le temps de formation.

Notre expérience nous amène également à réaliser du conseil en formation et nous accompagnons les opérateurs dans la montée en compétence de leurs propres formateurs : techniques pédagogiques et ingénierie de formation.

Parlons de la pandémie de Covid-19 qui n’a épargné aucune structure dans le monde ; comment l’aviez-vous vécu à l’IFF et quelle a été votre stratégie de résilience pour la continuité de la formation ?

Comme tous, nous avons subi de plein fouet la crise, avec une réduction de près de 50% de notre activité en 2020. Nous avons bâti un plan en trois temps : résister, reprendre, relancer. Il a fallu résister à la crise avec une fermeture totale de l’Institut durant 3 mois de mi-mars à mi-juin 2020.

Nous avons cependant réalisé des formations urgentes à distance durant les mois de fermeture, et l’équipe de l’IFF a poursuivi ses travaux en télétravail. Ces trois mois ont été mis à profit pour bâtir des scénarii de reprise (incluant le respect des règles sanitaires édictées par les autorités) et accélérer la mise en place d’outils de formation à distance, ce qui était programmé pour un horizon plus lointain.

La relance s’est enfin traduite par la mise en place de formations en distanciel pour pallier les restrictions de déplacement des stagiaires. Nous avons également repositionné certaines formations chez nos clients et nous avons poursuivi les échanges avec nos prospects et clients pour construire des offres adaptées Ainsi, dès la mi-juin 2020, nous avons accueilli à nouveau des stagiaires sur site et pu proposer un certain nombre de formations à distance.

 Lorsque les formations comportent des travaux pratiques, ceux-ci- ont été différés. Que pensez-vous du Magazine, Africa Supply Chain ?

C’est un magazine agréable à lire et qui donne un bon panorama de l’actualité logistique africaine, mais également de l’actualité mondiale du transport et de la logistique. Continuez !

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Newsletter

English EN Français FR

Inscrivez-vous à notre Newsletter.

Rejoignez notre liste de diffusion pour recevoir les dernières nouvelles et mises à jour de l'actualité de la Supply Chain en Afrique et dans le monde.

You have Successfully Subscribed!