Par Ibrahima DIALLO
15 avril 2022 / 10:07

De nouvelles opportunités s’ouvrent pour les acteurs locaux émergent tandis que les compagnies pétrolières internationales désertent le Nigéria ou s’enfoncent dans des eaux plus profondes pour éviter de perturber les actifs onshore.

Faisant la Une des journaux cette année, la société pétrolière et gazière nigériane Seplat a annoncé le rachat des activités offshore en eaux peu profondes d’ExxonMobil dans le pays pour 1,2 milliard de dollars.

L’opération est presque bouclée, ce qui participe à renforcer l’autonomisation locale dans les secteurs pétroliers et gaziers même si  l’acquisition de la totalité du capital social de Mobil Producing Nigeria Unlimited doive encore faire l’objet d’un accord ministériel et d’approbations réglementaires.

Seplat a prévu que la transaction créera l’une des plus grandes sociétés énergétiques indépendantes sur les bourses du Nigeria et de Londres, où elle est cotée. Le président du conseil d’administration, Ambrosie Orjiako, a réaffirmé en mars que l’opération était en bonne voie, après que des rapports eurent fait état de la volonté de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) de la bloquer.

« En tant qu’entreprise nettement plus grande, avec une base de ressources plus solide et des capacités considérablement améliorées, nous serons mieux placés pour fournir des solutions énergétiques durables qui stimulent la croissance et la rentabilité au profit de toutes nos parties prenantes, en particulier nos communautés d’accueil et l’économie nigériane au sens large » a t-il déclaré soulignant les avantages qu’offre cet accord.

Toutefois, Shell qui est présent au Nigéria depuis le début de la production, a exprimé toute son inquiétude en annonçant qu’il allait mettre en vente ses derniers actifs onshore. Shell  évoque des problèmes avec les communautés ainsi que des pressions pour passer à une énergie plus propre.

le PDG Ben van Beurden a déclaré aux investisseurs en septembre dernier que « l’équilibre des risques et des récompenses associés à notre portefeuille onshore n’est plus compatible avec nos ambitions stratégiques. Nous ne pouvons pas résoudre les problèmes communautaires dans le delta du Niger et la société a entamé des discussions avec le gouvernement sur la manière d’aller de l’avant ».

À noter que Seplat fait partie de ceux qui seraient en lice pour une partie des actifs onshore de Shell, aux côtés d’autres acteurs locaux tels que Sahara Energy, Heirs Oil and Gas Ltd et ND Western, indique l’agence de presse Bloomberg, citant des sources proches de l’affaire.

Néanmoins, l’accord a été retardé par une décision de justice qui a ordonné à Shell et à son partenaire de coentreprise, NNPC, de verser 2 milliards de dollars à la communauté d’Ejalawa, dans l’État de Rivers, et de réparer les dommages causés par les déversements de pétrole avant de pouvoir être conclu.

Développement des opportunités pour les locaux

L’un des déclencheurs de la flambée de l’autonomisation économique dans l’industrie pétrolière indigène a été l’adoption de la loi sur le contenu local en 2010. Elle  a ouvert des perspectives pour les locaux d’obtenir une plus grande participation dans cette industrie lucrative.

L’accord de Seplat avec ExxonMobil est le dernier d’une série d’accords similaires avec des majors pétrolières qui ont créé des acteurs locaux importants dans le secteur.

En 2015 déjà, Oando avait payé la somme considérable de 1,6 milliard de dollars pour racheter les actifs terrestres locaux de la grande société pétrolière américaine ConocoPhillips, alors que d’autres sociétés telles que Seplat, Shoreline Natural Resources, Seven Energy et Lekoil ont acquis des actifs similaires au cours de la dernière décennie dans le cadre d’opérations d’une valeur d’environ 11,5 milliards de dollars.

La loi sur le contenu local est venue compléter l’indigénisation de l’écosystème. Toutefois elle a permis de réaliser des progrès impressionnants même si elle n’avait pas atteint ses objectifs ambitieux, à savoir une valeur ajoutée nationale de 70 % en dix ans.

De ce fait, 50 % de tous les travaux d’ingénierie sont réalisés par des Nigérians et 40 % des navires sont produits localement. Plusieurs milliers d’emplois furent créés et le ombre de sociétés de services enregistrées est passé de 44 à 92 en 11 ans.

 

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