Suspendu depuis 2019, le transport fluvial entre l’Égypte et le Soudan reprend progressivement. La relance de cette liaison stratégique intervient dans un contexte de reprise des échanges régionaux et de réorganisation des corridors de transport, après plusieurs années de contraintes techniques et sécuritaires.
La navigation entre Assouan, au sud de l’Égypte, et Wadi Halfa, dans le nord du Soudan, a officiellement redémarré le 20 janvier. Cette liaison sur le Nil vise à faciliter la circulation des personnes et des marchandises entre les deux pays, tout en offrant une alternative aux corridors routiers et maritimes. Avant son interruption, elle jouait un rôle important dans les échanges transfrontaliers, notamment pour le transport de passagers, de fret divers et de bétail.
La suspension du service était liée à plusieurs facteurs cumulés. Des difficultés techniques récurrentes, des coûts d’exploitation élevés et une rentabilité en baisse avaient fragilisé l’activité. À cela se sont ajoutées les variations du niveau du Nil et des problèmes de coordination aux postes frontaliers. La situation s’est encore détériorée avec le déclenchement du conflit armé au Soudan en avril 2023, entraînant l’arrêt prolongé du trafic fluvial.
La reprise intervient dans un contexte de stabilisation progressive de certaines zones soudanaises et d’appels officiels au retour des populations déplacées, dont une partie s’était réfugiée en Égypte. Elle s’inscrit également dans une dynamique plus large de redémarrage des infrastructures de transport, alors que les échanges commerciaux entre les deux pays restent soutenus.
En 2023, l’Égypte a exporté vers le Soudan pour près d’un milliard de dollars de produits, tandis que les exportations soudanaises vers l’Égypte ont atteint plusieurs centaines de millions de dollars, confirmant le rôle stratégique de ces corridors dans les échanges bilatéraux.
Auteur : La Rédaction


















