L’Égypte a engagé la deuxième phase du projet fluviomaritime « Lac Victoria – Méditerranée », un corridor stratégique soutenu par la Banque africaine de développement. Avec un financement initial de 2 millions de dollars, cette nouvelle étape vise à structurer un réseau de transport intérieur reliant l’Afrique de l’Est à la Méditerranée et à renforcer l’intégration commerciale du continent.
Annoncée lors du Sommet de Luanda sur le financement des infrastructures, la deuxième phase du projet VIC-MED marque une avancée majeure pour la connectivité régionale. Le financement, composé d’une subvention de 2 millions de dollars de la BAD et de 100.000 dollars du gouvernement égyptien, permettra d’alimenter l’unité opérationnelle ouverte au Caire en juin 2025.
Il servira également à poursuivre les études environnementales, sociales et techniques le long du Nil. Le ministère des Transports présente ce corridor comme un levier essentiel de l’Agenda 2063, destiné à faciliter les échanges et à créer de nouvelles opportunités économiques.
Le projet prévoit la mise en place d’un réseau intégré de ports fluviaux dans plusieurs gouvernorats, conçu pour accueillir des marchandises, notamment des conteneurs, ainsi que des passagers. Cette infrastructure doit renforcer le rôle du fleuve comme axe logistique stratégique entre l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est et la Méditerranée.
Le corridor permettra d’offrir une alternative de transport complémentaire aux routes routières saturées, tout en soutenant les chaînes d’approvisionnement régionales. Le gouvernement égyptien y voit un moyen de consolider sa position comme plateforme logistique centrale sur le continent.
La première phase du programme, achevée en 2019 grâce à un appui de 650.000 dollars de la BAD, avait posé les bases juridiques et institutionnelles du corridor. Elle avait également permis le lancement de deux programmes régionaux de transport fluvial.
La deuxième phase, dont le coût global atteint 11,7 millions de dollars, s’appuie désormais sur ces acquis. Les nouvelles études de faisabilité doivent mettre à jour les projections techniques, définir les capacités futures du réseau et préparer les investissements nécessaires à la construction des unités fluviales modernes.
Au-delà de l’intégration régionale, le corridor s’inscrit dans une stratégie nationale visant à diversifier les débouchés commerciaux du pays. L’Égypte cherche à accroître sa part dans le commerce intra-africain, alors qu’elle se classait déjà première d’Afrique du Nord et troisième du continent en 2023.
Ses échanges intracontinentaux avaient progressé de 10,8 % pour atteindre 8,3 milliards de dollars. Avec le déploiement du corridor VIC-MED, Le Caire ambitionne désormais une hausse de 20 % du commerce africain d’ici 2029 et vise 145 milliards de dollars d’échanges totaux à l’horizon 2030.
Auteur : La Rédaction


















