Échanges commerciaux : la crainte d’une forte inflation si l’embargo  perdure au Mali
Par Ibrahima DIALLO
20 janvier 2022 / 15:31

Plus les jours passent, plus la situation devient compliquée pour le Mali et ses pays voisins qui doivent faire face à cet embargo économique infligé par la CEDEAO dont il est confronté. Ses échanges commerciaux avec ses partenaires étant limités aux seuls biens de première nécessité.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a pris ses responsabilités en sanctionnant le Mali tout en indexant directement la junte militaire.

Décrétant la fermeture des frontières, la Cédéao a annoncé un embargo économique et financier à l’encontre du Mali. De ce fait, les aides financières qui provenaient de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ont été suspendues. Ce qui réduit à coup sûr les capacités d’investissement de l’État.

Dans un entretien accordé à France 24 Thierno Thioune, économiste et enseignant à l’UCAD, l’université Cheikh Anta Diop de Dakar a livré une analyse pertinente de la situation expliquant que « le Mali est un pays immense, enclavé, sans frontière maritime, qui dépend en grande partie des importations. Celles-ci transitent par ses cinq frontières et notamment par les deux grands ports de la région que sont Dakar et Abidjan ».

Selon lui « l’application immédiate de ces sanctions, dès le 9 janvier, a eu un fort impact dans le domaine des transports car de nombreuses commandes en cours d’acheminement se sont retrouvées bloquées.

Plusieurs centaines de camions circulent quotidiennement sur l’axe Dakar-Bamako, l’une des principales routes d’approvisionnement du Mali ».

L’économiste estime que « si les biens de première nécessité tels que la nourriture, le carburant ou les médicaments, qui représentent près de la moitié des importations, sont toujours autorisés à circuler, de nombreux produits essentiels à l’économie malienne, comme le ciment et le fer, les voitures d’occasion importées depuis l’Europe par les ports, le matériel informatique ou bien les équipements de transport sont eux totalement bloqués ».

« On observe déjà une ruée sur certains biens qui pourrait conduire à une forte inflation si la situation perdure. Le gel des avoirs de l’État ainsi que des financements de la banque centrale vers le Mali risque, par ailleurs, d’entraîner une pénurie de liquidités et une situation de défaut de paiement » a déclaré Thierno Thioune.

Par ailleurs il soutient que « les deux partenaires du Mali qui souffrent le plus de ces sanctions sont le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Plus de 20 % des importations maliennes proviennent du Sénégal et 80 % de son fret passe par Dakar. C’est son premier fournisseur international, devant la Chine, puis la Côte d’Ivoire (environ 10 %) ».

Actuellement, l’embargo pourtant soutenu par ces deux pays, représente une perte importante pour leurs économies, les privant essentiellement des exportations maliennes pour les denrées de premières nécessité.

 

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