Face à la chute des cours mondiaux et à un important stock d’invendus, les autorités ivoiriennes ont réduit de 57 % le prix bord-champ du cacao pour la campagne intermédiaire 2025-2026. Fixé à 1 200 FCFA le kilogramme, ce nouveau tarif marque un net recul par rapport aux 2 800 FCFA appliqués durant la campagne principale.
Le 4 mars 2026, le gouvernement ivoirien a annoncé la fixation du prix d’achat du cacao aux producteurs à 1200 FCFA/kg pour la campagne intermédiaire 2025-2026, ouverte avec un mois d’avance. Lors de la campagne principale d’octobre à février, le prix bord-champ avait atteint un niveau record de 2800 FCFA/kg.
Cette révision intervient dans un contexte de forte volatilité des cours internationaux, qui ont récemment reculé autour de 3000 dollars la tonne après un pic historique enregistré fin 2024 à New York. Le différentiel entre le prix garanti aux planteurs et les niveaux du marché mondial avait fragilisé l’équilibre financier du système de commercialisation.
La baisse des cours s’est traduite par un ralentissement des achats de la part des négociants internationaux et par la constitution d’un stock d’environ 100.000 tonnes de fèves issues de la récolte principale, selon les données du Conseil du Café-Cacao.
Pour soutenir les producteurs et injecter de la liquidité dans la filière, l’État a engagé un programme de rachat de ces volumes au prix précédent, mobilisant un budget de 280 milliards de FCFA. Une partie des stocks a déjà été acquise, afin de désengorger les zones de production et de relancer les flux vers les ports d’Abidjan et de San Pedro.
Au-delà de l’ajustement tarifaire, la mesure vise à rétablir la compétitivité de la filière ivoirienne dans un environnement régional marqué par des révisions similaires au Ghana. La réduction du prix bord-champ doit permettre d’aligner davantage les coûts sur les réalités du marché international et d’accélérer les opérations d’exportation.
Les premières données font état d’un regain d’activité dans les principaux ports cacaoyers du pays. Cette évolution intervient alors que la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, cherche à stabiliser une filière stratégique pour son économie et ses recettes d’exportation.
Auteur : La Rédaction














