Corridor Dakar-Bamako : les exportations sénégalaises progressent malgré les tensions sécuritaires
Par Ibrahima DIALLO
12 janvier 2026 / 11:04

Malgré un contexte sécuritaire dégradé au Mali et des perturbations majeures sur les axes de transit, les exportations sénégalaises vers Bamako ont enregistré une hausse de 15,3 % sur les dix premiers mois de 2025. Une progression portée principalement par les produits pétroliers, selon la Direction des prévisions et des études économiques (DPEE).

Les échanges commerciaux entre le Sénégal et le Mali ont fait preuve d’une certaine résilience en 2025, en dépit d’un environnement régional marqué par l’instabilité.

D’après les données de la DPEE, les exportations sénégalaises à destination du Mali ont progressé de 15,3 % sur les dix premiers mois de l’année, une dynamique largement attribuée à la hausse des livraisons de produits pétroliers. Ces dernières ont enregistré des augmentations particulièrement marquées en septembre et octobre, avec des pics respectifs de 94 % et 105,6 %.

Cette évolution intervient alors que la situation sécuritaire s’est fortement détériorée à partir de septembre 2025, avec l’instauration de blocages sur plusieurs axes stratégiques de l’Ouest malien, notamment dans les régions de Kayes et de Nioro-du-Sahel.

Ces zones constituent des points clés du corridor Dakar-Bamako, principal itinéraire de transit des marchandises entre les deux pays via le port de Dakar. Les perturbations observées ont affecté la fluidité du trafic et accru les risques pour les transporteurs.

Malgré ces contraintes, le Mali demeure le premier client du Sénégal, représentant 26,5 % des exportations sénégalaises totales en 2024, pour une valeur estimée à 802,8 milliards de FCFA. À fin octobre 2025, l’excédent commercial du Sénégal vis-à-vis de son voisin s’est établi à 660,7 milliards de FCFA, en légère dégradation par rapport à l’année précédente.

La DPEE souligne toutefois que cette performance reste fragile, compte tenu de la dépendance du commerce bilatéral au bon fonctionnement du corridor.

Les difficultés logistiques se traduisent également par un engorgement au port de Dakar, avec environ 120 conteneurs en souffrance par jour et des pertes économiques estimées à 15 milliards de FCFA par mois. À moyen terme, la persistance de la crise pourrait inciter le Mali à diversifier ses corridors d’approvisionnement vers d’autres ports de la sous-région, notamment Nouakchott, Conakry ou Lomé.

Une telle évolution aurait des répercussions sur plusieurs filières sénégalaises, tout en accentuant les pressions sociales et logistiques dans les zones frontalières et les centres urbains du pays.

Auteur : La Rédaction 

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