Conflit États-Unis – Israël – Iran : le commerce mondial sous pression
Par Ibrahima DIALLO
2 mars 2026 / 11:35

Depuis le 28 février 2026, l’escalade du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran a rapidement perturbé le commerce mondial. Le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour le pétrole et le gaz, est devenu une zone à très haut risque, affectant routes maritimes et aériennes, entraînant une flambée des prix de l’énergie et des risques pour les chaînes logistiques internationales.

Le 28 février 2026, les forces des États-Unis et d’Israël ont lancé des frappes militaires contre des infrastructures en Iran, déclenchant une série de ripostes iraniennes contre des cibles militaires et énergétiques dans la région. Ces hostilités ont transformé plusieurs zones du Moyen-Orient en théâtre d’opérations, notamment autour du détroit d’Ormuz, qui relie le Golfe persique au golfe d’Oman.

Dans les jours qui ont suivi, l’Iran a averti que le passage de navires par le détroit était dangereux et a été qualifié de « de facto fermé à la navigation » par certaines sources, en raison des risques d’attaques contre les navires commerciaux. Des incidents ont déjà été rapportés : plusieurs navires ont été touchés par des projectiles près des côtes omanaises et des Émirats arabes unis, provoquant incendies, blessés et perturbations opérationnelles.

Des armateurs majeurs ont réagi à ces menaces. Dès le 1er mars 2026, le groupe Maersk a annoncé la suspension temporaire des passages de ses navires par le détroit d’Ormuz et par le canal de Suez, redirigeant les services maritimes ou reportant les traversées dans l’attente d’une amélioration de la sécurité. L’accès à l’assurance « risque de guerre » est également fortement restreint, les assureurs annulant certaines couvertures, ce qui accroît les coûts pour les transporteurs.

Commerce maritime et aérien : reroutages et perturbations

Le détroit d’Ormuz est l’une des principales artères du commerce énergétique mondial, par laquelle transitent environ un cinquième du pétrole et une part importante du gaz naturel liquéfié mondial. La réduction du trafic a été spectaculaire : les données de suivi maritime montrent une baisse d’environ 70 % du trafic commercial à la fin de la journée du 28 février 2026, ce qui reflète l’ampleur du ralentissement logistique.

Face à ces risques, plusieurs compagnies de transport maritime ont dérouté leurs navires autour du cap de Bonne-Espérance, une route beaucoup plus longue, ajoutant plusieurs jours de transit et des coûts supplémentaires en carburant et en temps de voyage. Le repositionnement des routes de navigation affecte non seulement les transports énergétiques mais aussi le fret conteneurisé et les flux de marchandises générales reliant l’Asie, l’Europe et les marchés africains.

Le secteur aérien n’est pas épargné. Certains pays ont fermé ou restreint leur espace aérien au Moyen-Orient, entraînant la suspension ou la modification de vols commerciaux et de fret aérien depuis le 1er mars 2026. Ces ajustements imposent des détours, allongent les temps de vol et perturbent les réseaux de transport aérien centré sur les hubs régionaux.

Énergie, prix du pétrole et risques pour les chaînes logistiques

Les perturbations des flux maritimes énergétiques ont immédiatement eu des répercussions sur les marchés. Le 2 mars 2026, les prix du pétrole ont bondi d’environ 13 %, avec le Brent atteignant des niveaux proches de 82 dollars le baril à l’ouverture des principales places financières, reflétant la crainte d’une offre réduite à court terme et des incertitudes durables.

Cette flambée se produit alors que le détroit d’Ormuz traite près de 17 millions de barils par jour de pétrole brut, une part significative de l’offre énergétique mondiale. Les acteurs du marché redoutent que la hausse des prix ne se prolonge, amplifiant les pressions inflationnistes sur les coûts de carburant pour le transport maritime et aérien, ainsi que sur l’énergie pour les industries manufacturières.

Outre le pétrole brut, d’autres produits sensibles comme les engrais transitent par ces voies maritimes. Selon certaines analyses, près de 33 % des engrais mondiaux circulent via le détroit d’Ormuz, ce qui signifie que les perturbations pourraient affecter davantage les filières agricoles et alimentaires à l’échelle mondiale.

Les rouages de la chaîne d’approvisionnement international sont sous tension : hausse des primes d’assurance, redirections de routes maritimes et contraintes sur le fret aérien accroissent les coûts logistiques et risquent de ralentir la circulation des biens. Les secteurs dépendants de flux réguliers — énergie, engrais, composants industriels ou produits manufacturés — se préparent à de possibles retards et à une augmentation des coûts d’acheminement.

Les événements récents — marqués par des frappes militaires des États-Unis et d’Israël contre des objectifs en Iran, suivies de ripostes de Téhéran — constituent l’escalade la plus significative au Moyen-Orient depuis des années. Des incidents couvrent désormais plusieurs pays voisins et ont impliqué des frappes et contre-frappes dans plusieurs zones stratégiques, y compris autour de passages clés du commerce international.

Auteur : La Rédaction 

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