Bilan de Mamadou NDIONE à la tête du COSEC
14 octobre 2022 / 09:48

Établissement historique et public à caractère professionnel dont tous les importateurs et exportateurs de marchandises par voie de mer exerçant au Sénégal sont obligatoirement membres, le COSEC  demeure  l’un des instruments de développement les plus importants du Sénégal. Depuis plusieurs années, le COSEC a mis en œuvre plusieurs stratégies innovantes de collecte d’informations sur ses instruments en perspectives tout en entamant  des travaux importants pour booster le secteur  du transport maritime afin de consolider ses positions dans un secteur en perpétuelle évolution mais aussi de stimuler la compétitivité du Port Autonome de Dakar (PAD) et des ports secondaires.

Le COSEC a son histoire

C’est suite à une étude du Conseil Économique et Social (CES) réalisée en 1972 que l’État du Sénégal par la loi N° 75-51 du 03 avril 1975 a créé le Conseil Sénégalais des Chargeurs (COSEC). Une étude qui découlait des recommandations des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) et de l’Accord Général sur les Tarifs douaniers et le Commerce (GATT). Cette étude avait dès lors conclu l’opportunité de la création du COSEC et convaincu le gouvernement d’une telle option. Il faut souligner que c’est cette même loi 75-51 qui définit le COSEC comme un « Établissement Public à caractère Professionnel » dont tous les importateurs et les exportateurs de marchandises par voie de mer exerçant au Sénégal sont obligatoirement membres.

Les Missions du COSEC

Sa mission première reste la définition et la promotion de la politique de protection des intérêts des importateurs et exportateurs de marchandises par la voie maritime. Depuis sa création en 1975, l’Établissement a connu plusieurs réformes en prenant conscience  des mutations enregistrées dans le secteur des transports de marchandises par voie de mer. À cet effet, plusieurs recommandations étaient émises lors des différentes réflexions initiées et ont permis au COSEC d’entreprendre de vastes réformes qui se sont traduites par l’adoption de nouveaux textes, l’élaboration de nouveaux programmes ainsi que de mise en place d’un nouvel organigramme.

Si l’article 2 du décret N° 94-606 a stipulé que le COSEC avait pour mission principale de faire la promotion du secteur des transports maritimes de marchandises à l’exportation et à l’importation, il a également comme but de : « limiter les coûts de transports maritimes, la mise en œuvre des conditions optimales de réception, d’expédition et de réexpédition des marchandises transportées par voie maritime, la supervision et le contrôle de la répartition des cargaisons maritimes conformément aux engagements internationaux du Sénégal ainsi que l’étude de tous les contentieux juridiques et pratiques liés aux coûts des transports maritimes et globalement  l’assistance et la formation des opérateurs du secteur maritime ».

Le COSEC reste dans une dynamique d’amélioration et de perfectionnement des réalisations et des acquis

Dans le cadre de l’exécution de ses missions, le COSEC a mis en place depuis des années une politique d’investissement  et de financement déterminée tenant en compte des orientations de l’État du Sénégal, du comité directeur et du conseil d’administration. Dans ce sens, plusieurs réalisations ont été notées notamment en ce qui concerne l’amélioration des conditions de réception et d’expédition, notamment la réalisation et le financement d’infrastructures et d’équipements au bénéfice des chargeurs et de l’État, la promotion et l’assistance aux chargeurs et organismes de chargeurs, l’information et la formation des chargeurs.

On peut  citer par exemple le financement du système GAINDE et de sa sécurisation, le financement de l’autocommutateur de la Direction des Douanes, l’octroi d’une subvention et d’un prêt à Trade Point Sénégal pour la réalisation du système de dédouanement ORBUS 2000, la participation au financement du baliseur Samba Laobé Fall, la participation à la mise en place des compagnies SOMAT, puis COSAMA gérant la liaison Dakar Ziguinchor, l’appui institutionnel aux chambres de commerce, chambres de métiers du Sénégal et organisations patronales, prise en charge de la participation des chargeurs nationaux aux différentes foires nationales, ouverture des trois bureaux de représentation  du COSEC à Dubaï et deux en Chine pour assister les opérateurs économiques.

Nouveaux Locaux du Centre Trainmar construits par le COSEC

La  création du  Centre Trainmar s’est inscrite dans le cadre du programme de formation continue dans le secteur des transports maritimes. La mission du Centre est de faire la promotion du secteur maritime,  para-maritime et portuaire en améliorant la qualification des cadres et agents de maîtrise impliqués dans la gestion et l’organisation des activités maritimes du Sénégal et de la sous-région. Le fonctionnement du Centre est entièrement financé par le PAD et le COSEC. Au-delà des séminaires de mise à niveau des cadres et de maîtrise  du secteur maritime, le Centre Trainmar Dakar qui est logé au siège du COSEC offre des modules en wolof par des spécialistes sur des thématiques ayant un impact réel sur les activités des opérateurs.

Le Système Gaïndé et la mise en place d’une plateforme innovante de collecte de Bordereau Suivi Cargaison et d’intégration du paiement électronique

Le COSEC a mis en place un Bordereau de Suivi de Cargaison, qui a l’avantage de permettre un suivi rigoureux de l’évolution des taux de fret appliqués par les armements mais aussi de pouvoir suivre la cargaison depuis le port d’embarquement jusqu’au port de déchargement et d’avoir tous les éléments nécessaires au dédouanement avant l’arrivée des marchandises. De manuel et sous forme papier, le COSEC avait sollicité l’accompagnement de GAINDE 2000 pour un passage en électronique avec la mise en œuvre d’une plateforme de dématérialisation de la demande, du paiement et de la gestion du BSC sur chaque cargaison de marchandises tout au long de la chaine du commerce international. Au-delà de la modernisation du dispositif, l’objectif du projet était aussi de sécuriser les recettes car la formalité papier n’était pas systématiquement respectée ce qui engendrait un manque à gagner important le COSEC.

Rappelons que le Système de Gestion Automatisée des Informations Douanières et des Échanges (GAINDE) fut lancé en 1990 par l’État du Sénégal pour faciliter la gestion des transactions douanières. Le système GAINDE est axé sur la gestion du dédouanement, des marchandises et des biens. GAINDE intégral apporte des améliorations considérables dans le traitement des procédures de dédouanement en passant du papier à la dématérialisation ou le traitement électronique. Il faut également noter que ce système a connu, depuis ses débuts, plusieurs phases de modernisation, avec notamment la dématérialisation des procédures.

En terme de résultats escomptés, le système d’information GAINDE qui s’est avéré très efficace, en fournissant des informations détaillées et précises sur le volume des importations et exportations de biens culturels, d’assurer une traçabilité de ces échanges et d’apporter une mesure exacte des échanges de biens culturels, indispensable aux décideurs. Lesdites informations concernent aussi bien le volume des transactions, la nature des produits que les pays de provenance ou de destination. Ainsi, à titre d’illustration, les importations de biens culturels en 2018 proviennent de vingt-quatre (24) pays et, sur la même année, les exportations se sont faites en direction de quarante-cinq (45) pays.

Lancée en 2020 par le COSEC, la plateforme de Traitement des Réclamations des Chargeurs (TRAC) est devenue un outil précieux pour les opérateurs économiques

Plateforme électronique du BSC

Pour une meilleure gestion des données dans la chaine logistique et apporter des solutions aux nombreuses contraintes auxquelles sont confrontées les commerçants et industriels, le COSEC a procédé au lancement de la plateforme de Traitement des Réclamations des Chargeurs (TRAC). Un outil précieux qui vient désormais en appoint aux chargeurs confrontés à des blocages divers lors de leurs opérations. Cette plateforme qui est à l’initiative du Directeur Général du COSEC, Mamadou NDIONE et l’ensemble du Top Management apporte des solutions aux problèmes d’ordre techniques, juridiques, ainsi que les contraintes liées à la formation ou des problèmes d’ordre financier auxquels les chargeurs sont confrontés.

« La plateforme permet de régler tous les problèmes à temps réel. Et surtout quand, il existe des blocages au niveau du port avec les lignes maritimes. Il permet au client de récupérer son conteneur à temps ».

Il faut noter que l’ensemble des acteurs ainsi que toutes les parties prenantes avaient pris part au lancement de la plateforme. Une opportunité saisie pour partager et recueillir les idées en même temps les positions des différents acteurs, c’est ce qui a ensuite permis avec l’aide des informaticiens du COSEC de modifier et d’améliorer de manière continue la plateforme ».

Dans cette perspective, le COSEC a voulu aller directement vers les acteurs et a commencé ses démarches par l’Association des Commerçants et Industriels du Sénégal (l’ACIS).  Faisant le déplacement au niveau de leur siège pour faire la présentation, les acteurs ont compris son utilité et à cet effet ont décidé que toutes les réclamations vont désormais se faire via cette plateforme.

Dans cette dynamique, la représentation du COSEC a décidé de vulgariser la plateforme au niveau de Dubaï. Suivant cette approche, cette démarche sera adoptée  avec la représentation du COSEC en Inde, en Chine mais également avec les organisations professionnelles l’UNACOIS JAPPO, l’UNACOIS YESSAL et toutes les organisations professionnelles surtout celles qui composent le Conseil d’Administration aussi bien le CNP, la QNESS, le GES, et toutes les organisations qui interviennent dans la chaine logistique.

Le Directeur Général du COSEC Mamadou NDIONE en phase avec les nouvelles politiques mises en place pour relever les nouveaux défis du secteur du transport maritime

Portée à la tête du COSEC en 2017, sur la base du décret du Chef de l’État Macky SALL, Mamadou NDIONE a souvent exprimé son engagement à faire de l’établissement celui de tous les acteurs sénégalais. S’il n’a pas  voulu parler de bilan depuis son accession à la direction de l’établissement, il a réaffirmé son engagement à traduire dans ce secteur qu’il connait bien en tant que logisticien et de traduire dans ce domaine sa vision bâtie sur l’inclusion et l’équité.

Navire : Aguène

Notamment avec le comité de Direction et le Conseil d’Administration du Cosec qui axent leurs  initiatives dans les missions originelles de cet établissement public à caractère professionnel en intervenant dans l’accompagnement des chargeurs importateurs et exportateurs sénégalais. Le plus spectaculaire des résultats de cette action a été la réussite du défi des exportations d’anacarde. De 56 tonnes en 2017, les exportations d’anacarde qui ont été multipliées par 1.000 pour passer en 2019 à 56.000 grâce à une forte implication du COSEC qui a organisé une synergie de tous les acteurs du pôle Casamance et les auxiliaires de la chaine logistique. En 2020, en dépit de la crise née de la COVID-19, les exportations d’anacarde ont dépassé les 40.000 tonnes.

Le COSEC durant ces trois ans a beaucoup fait en termes de dématérialisation et d’appropriation de ses activités en permettant au Sénégal de devenir le seul pays africain à gérer seule toute sa procédure de délivrance du Bordereau de Suivi des Cargaisons, document obligatoire dans la chaine logistique. Ceci en déployant  d’autres applications web comme la bourse de fret ou BDF, l’exposition virtuelle permanente ou EVP, la plateforme TRACE ou le traitement des réclamations et avis des chargeurs entrepreneurs. Le COSEC a également  consolidé  le programme d’équipement et d’accompagnement budgétaire des 28 chambres consulaires du Sénégal avec lesquelles il œuvre actuellement dans un vaste programme de résilience orienté vers les exportations.

Sur le plan international, le leadership du COSEC s’est aussi renforcé avec l’organisation en 2019 du lancement mondial des règles Incoterms 2020 au Centre International de Abdou DIOUF (CICAD) devant régir la simplification des relations contractuelles entre acheteurs et vendeurs. Si cela a été rendu possible, c’est parce que le COSEC est membre représentant le Sénégal au niveau de la Chambre de Commerce International de Paris. Au niveau africain, le leadership du COSEC est très bien apprécié au niveau de l’Union des Conseils de Chargeurs (UCCA).

Durant ces trois dernières années, le COSEC a tenté de renforcer ses ressources avec la promotion du BSC et une stratégie de recherche de revenus pérennes avec des projets structurants dont certains orientés vers la résolution des problèmes logistiques du pays profond. Les grands projets du COSEC iront vers cet axe double de renforcement des moyens d’intervention tout en restant dans le cœur de métier d’assistance multiforme des chargeurs et opérateurs économiques nationaux.

Déjà, le COSEC est avec son armement COSAMA S.A dans le cabotage sous régional avec une flotte composée de deux navires cargos qui vont de plus en plus tisser des liens pour permettre à l’Afrique de se positionner dans la logistique maritime africaine. L’Établissement pourrait  davantage tirer profit de ce que le Chef de l’État est en train de faire en termes de révolution portuaire et logistique avec les ports de Bargny-Sendou, Ndayane, Ndakhonga et les autres ports secondaires du pays. Le COSEC sera également présent dans la résolution des équations logistiques par la participation aux vastes chantiers de mise en place d’entrepôts de stockage, de maitrise de la chaine de conservation de produits périssables, d’aires de repos et de stationnement des camions transportant des marchandises, de ports secs etc.
Le Sénégal gagnerait à tirer profit de ce vaste marché africain de 1 milliard 200 millions de consommateurs avec la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAF) qui a été lancé officiellement depuis le 1er janvier 2021. Au niveau des projets, le numérique aussi sera renforcé de même que les modes d’intervention innovant pour les chargeurs.

Le poids du Cosec dans l’économie sénégalaise…

Pour mesurer le poids du COSEC dans l’économie nationale, il faut déjà souligner la présence  du COSEC dans les quatorze régions du Sénégal à travers la  forte implication dans le travail des 28 chambres consulaires du pays sans compter le travail effectué  avec toutes les filières exportatrices.

Modèle de Chambre de commerce construit par le COSEC dans les régions

Ce faisant, il constitue la première structure du pays qui reçoit l’information sur tous les produits importés à travers le Bordereau de Suivi des Cargaisons (BSC). Il est en même temps actionnaire majoritaire de COSAMA S.A qui fait la liaison Dakar-Ziguinchor. Il faut ajouter à ceux-là, l’appui fait aux importateurs qui le souhaitent à travers ses représentants à l’étranger notamment en Chine, Inde et Dubaï. Rappelons qu’à  l’origine, c’est le COSEC qui avait financé la mise en place du système GANIDE de même que la construction d’infrastructures comme la gare maritime, le ponton de Rufisque, l’entrepôt frigorifique de Saint Louis, et plusieurs sièges de Chambres de Commerce du pays etc.

Le poids du COSEC dans l’économie nationale est à la fois matériel et immatériel puisque qu’il défend partout les intérêts des importateurs et exportateurs sénégalais avec un professionnalisme clair tout en insistant sur la formation des cadres du secteur à travers le Centre Trainmar de Dakar qui est dans des locaux neufs construits par le COSEC.

Évaluation de l’état du secteur des transports maritimes de marchandises à l’importation et à l’exportation du Sénégal

Il faut savoir que le transport maritime au Sénégal comme c’est le cas en Afrique se caractérise par une forte présence des armateurs qui agissent dans le cadre de multinationales. L’Afrique ne dispose pas encore  d’une flotte maritime capable de transporter les produits sortant de nos pays ou venant vers nos territoires. Le commerce intra-africain ne représente que 16% contre 70% pour le commerce intra européen. Au Sénégal, nous avons les infrastructures portuaires et nous avons aussi des projets comme le port de Ndayane qui vont encore consolider la place du Sénégal comme un hub sous régional. Nous avons, aussi grâce à l’infrastructure terrestre, gagné beaucoup en efficience depuis quelques années. Une étude sur les coûts de passage portuaires des marchandises avait déjà été validée ces dernières années. Ce document qui a ensuite  été partagé constitue une  base de travail pour aller dans le sens d’une rationalisation de frais. Ce qu’il faut retenir est que la solution est à la simplification tarifaire et procédurale pour tenir compte des impératifs de compétitivité.

Néanmoins,  le COSEC est toujours confronté à la problématique de la facturation des services maritimes même si des efforts considérables sont consentis, notamment le fret et les prestations portuaires en dépit des solutions préconisées.

À cet effet, c’est toute l’Afrique unie qui doit faire des efforts pour davantage peser pour une maitrise des coûts logistiques et parler d’une seule voix face aux multinationales à l’image du Mali qui a réussi ce pari malgré un contexte difficile. Dans un contexte mondial marqué par une crise sans précédent liée à la pandémie de Covid-19 mais également de la guerre en Ukraine, une hausse inquiétante des taux de frets des marchandises destinées à l’Afrique continue d’impacter le secteur. Le COSEC qui a fini d’alerter au niveau africain et au niveau national, est toujours dans une dynamique d’apporter des solutions et contribuer à la résolution de ces problèmes.

Youssouf B H SANÉ

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