Malgré une production agricole en hausse, une grande partie des denrées se perd chaque année en Afrique subsaharienne faute d’infrastructures adaptées. Les entrepôts modernes progressent, mais l’insuffisance des capacités frigorifiques et spécialisées continue de fragiliser les chaînes logistiques et la sécurité alimentaire.
En Afrique subsaharienne, près de 40 % des denrées périssables disparaissent chaque année avant même d’atteindre les marchés. La cause principale est le déficit en infrastructures de conservation et d’entreposage. Les capacités actuelles couvrent moins d’un tiers de la production annuelle, selon la Banque mondiale, accentuant les pertes post-récolte et limitant les revenus agricoles.
Parallèlement, le marché régional de l’entreposage connaît une croissance soutenue. Évalué à 83,1 milliards USD en 2024 pour l’ensemble Afrique-Moyen-Orient, il devrait atteindre 131,7 milliards USD d’ici 2030, avec une progression annuelle moyenne de 8 %. La demande s’oriente de plus en plus vers les entrepôts frigorifiques, devenus essentiels pour le stockage des produits frais, surgelés et sensibles à la température.
Cette dynamique est alimentée par plusieurs facteurs : la montée en puissance de l’agro-industrie, le développement rapide du commerce électronique et la recherche d’autosuffisance alimentaire. Le taux d’occupation des entrepôts modernes a ainsi atteint 83 % au premier semestre 2025, contre 75 % un an plus tôt, selon Knight Frank. Mais malgré cette tendance, l’offre demeure insuffisante face aux besoins d’une population en forte croissance.
L’absence de capacités de stockage adaptées constitue donc un maillon faible de la chaîne logistique africaine. Elle expose le continent à des pertes massives, empêche la constitution de stocks de sécurité et fragilise l’approvisionnement alimentaire. Le renforcement de l’entreposage, notamment frigorifique, apparaît désormais comme une priorité pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement.


















